Grands Lacs · Ontario, Minnesota, Wisconsin, Michigan · Anishinaabeg (Ojibwés)05 / 09

Le ciel qui fabrique les saisons

Autour des Grands Lacs, le ciel anishinaabe est un calendrier d'êtres vivants : un géant des glaces se lève avec le froid, un pékan téméraire a percé la voûte pour libérer les oiseaux de l'été, et la tortue porte l'année sur son dos.

Touchez une étoile — nom, hauteur, azimut, en ce moment. ← → pour parcourir.

ÉTOILE 01 / 00

Hauteur
Direction
Distance
  • 01

    Biboonkeonini, le Faiseur d’hiver, est notre Orion.

  • 02

    Ojiig le Pékan est la Grande Ourse, flèche encore dans la queue.

  • 03

    Treize grandes plaques sur la carapace de tortue : les treize lunes.

LEUR REPÈRE · 12 MOIS

Biboonkeonini, le Faiseur d'hiver

Quand notre Orion monte dans le ciel du soir, les Anishinaabeg voient se lever Biboonkeonini, le Faiseur d'hiver — un géant aux bras grands ouverts qui étend le froid sur le pays des lacs. Sa présence domine le ciel exactement pendant les mois de gel, et sa disparition au couchant, au printemps, accompagne la débâcle : la constellation est la saison. En face de lui, l'été a son champion.

Ojiig, le Pékan qui libéra l'été

Le récit le plus aimé du ciel anishinaabe : au temps où l'hiver ne finissait jamais, le pékan (un grand mustélidé, cousin de la martre) monta au monde d'en haut et perça la voûte du ciel pour libérer les oiseaux et l'air chaud, prisonniers de l'autre côté. Les flèches des gardiens le rattrapèrent — mais le Créateur plaça Ojiig au firmament : notre Grande Ourse, qui tourne pour toujours autour du nord, la flèche encore dans la queue. Chaque printemps qui revient est sa victoire rejouée.

L'Élan, la Grue, le Huard et la loge à sudation

La carte du ciel anishinaabe, redessinée aujourd'hui par le projet Native Skywatchers (Annette S. Lee, William Wilson, Carl Gawboy), aligne tout un monde : Mooz l'Élan (vers notre Pégase), Ajijaak la Grue (le Cygne), Maang le Huard (la Petite Ourse), et Madoodiswan, la Loge à sudation — notre Couronne boréale, la même couronne d'étoiles que les Skidi Pawnees voyaient en conseil de chefs. La Voie lactée est le Chemin des âmes, Jiibaykona.

Treize lunes sur le dos de la tortue

Retournez une carapace de tortue : treize grandes plaques au centre — les treize lunes de l'année —, et un pourtour de petites plaques pour les jours du mois lunaire. Le calendrier anishinaabe se lit sur l'animal qui, dans le récit de création, porte le monde. Chaque lune a son nom de travail et de saison : lune du sirop d'érable, lune des fraises, lune du riz sauvage…

Comment ils observaient

Le ciel anishinaabe est un calendrier de travail : le lever du Faiseur d'hiver ouvre la saison des glaces et des récits, sa disparition au couchant annonce la débâcle ; chaque lune porte le nom de sa tâche — sirop d'érable, fraises, riz sauvage. Le comput est lunaire et gravé dans le vivant : treize grandes plaques sur la carapace de la tortue pour les treize lunes, le pourtour de petites plaques pour les jours. Sur les lacs, on navigue par Giiwedin'anang, l'étoile du retour — la Polaire.

La mémoire du ciel s'écrivait aussi : les rouleaux d'écorce de bouleau de la loge du Midewiwin encodent cartes et récits cosmologiques, et le savoir se transmet l'hiver, quand la neige couvre le sol. C'est cette tradition que des chercheurs anishinaabeg — le projet Native Skywatchers — ont remise en cartes aujourd'hui : une astronomie autochtone qui se documente elle-même, à la première personne.

Ce qu'ils y lisaient

Un monde d'en haut peuplé et accessible : le Pékan y est monté par un trou dans la voûte — plusieurs récits situent ce passage aux Pléiades, Bagone-giizhig, « le Trou dans le Ciel ». La Voie lactée est le Chemin des âmes, l'itinéraire du dernier voyage, jalonné d'étapes que les enseignements décrivent. Et les constellations ne sont pas des images : ce sont des êtres au travail — le Faiseur d'hiver fabrique la saison, le Pékan l'a déverrouillée. Le ciel fait le temps qu'il fait, au sens propre.

LEUR CIEL, CALCULÉ ICI

Ce soir,
au-dessus de vous.

POSITION DE CALCUL France métropolitaine

FRANCE MÉTROPOLITAINE

CALCUL DU SOLEIL…

ZÉNITHHORIZON
Maintenant

Voir ce ciel sur le vrai ciel.Dans le traqueur, choisissez « ciel anishinaabeg » — rien ne quitte l’appareil.

Ouvrir le ciel ojibwé ↗

Sources

  • Annette S. Lee, William Wilson & Carl Gawboy, Ojibwe Sky Star Map Constellation Guide, Native Skywatchers, 2014 — la référence contemporaine, par des chercheurs et artistes autochtones.
  • Carl Gawboy & Ron Morton, Talking Sky: Ojibwe Constellations as a Reflection of Life on the Land, 2014.
  • Les noms et identifications (Biboonkeonini/Orion, Ojiig/Grande Ourse, Madoodiswan/Couronne boréale…) suivent ces publications ; les récits varient d'une communauté à l'autre.

« Pékan » (fisher en anglais) désigne Pekania pennanti, grand mustélidé d'Amérique du Nord — le mot français vient d'ailleurs de l'abénaquis. Les treize lunes portent des noms différents selon les régions du pays anishinaabe.