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Tayámni relie Pléiades, baudrier d’Orion, Bételgeuse, Rigel et Sirius.
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Les Sept Petites Filles sont les Pléiades, au sommet de Mathó Thípila.
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Les Léonides de 1833 figurent dans les comptes d’hiver : « l’année où les étoiles sont tombées ».
LEUR REPÈRE · 12 MOIS
« Ce qui est en haut est en bas »
Le savoir stellaire lakota, documenté notamment par Ronald Goodman avec des aînés et des étudiants de l'université Siŋté Glešká (Rosebud), repose sur une idée-force : la correspondance terre-ciel. Autour des Black Hills court une dépression circulaire de roche rouge que les Lakotas nomment la Piste de course (Kh'iŋyáŋka Očháŋku) ; au ciel lui répond un grand cercle d'étoiles — le cerceau sacré — dont les figures correspondent à des lieux précis des collines. Quand, au printemps, le Soleil traversait certaines constellations, des groupes lakotas se déplaçaient de site en site dans les Black Hills pour y tenir les cérémonies correspondantes : l'itinéraire au sol suivait l'itinéraire du Soleil dans les étoiles.
Tayámni, l'animal céleste
Plusieurs de nos constellations n'en font qu'une pour les Lakotas : Tayámni, un grand animal dont les Pléiades sont la tête, le baudrier d'Orion l'échine, Betelgeuse et Rigel les côtes, et Sirius la queue. Son retour dans le ciel d'hiver accompagnait le grand récit de la naissance et du renouveau. À côté de lui : l'étoile immobile Wičháȟpi Owáŋžila (notre Polaire), et la Voie lactée, Wanáǧi Thačháŋku — le chemin des esprits que suivent les âmes.
Les Sept Petites Filles et la Tour de l'Ours
À l'ouest des Black Hills se dresse l'extraordinaire monolithe strié que les cartes nomment Devils Tower et les Lakotas Mathó Thípila, la Loge de l'Ours. Le récit : sept petites filles, poursuivies par un ours géant, se réfugient sur un rocher qui s'élève vers le ciel ; l'ours laboure les flancs de ses griffes — les stries de la tour — et les fillettes deviennent les Pléiades, Wičhíŋčala Šakówiŋ, les Sept Petites Filles. Le même ciel raconté par la pierre : c'est l'un des plus beaux exemples d'astronomie inscrite dans un paysage.
Les Black Hills ne sont pas un décor : c'est une terre sacrée dont la dépossession (traité de Fort Laramie violé après la découverte d'or) reste un contentieux vivant — en 1980, la Cour suprême des États-Unis a reconnu la spoliation et accordé une compensation que les Lakotas refusent toujours d'encaisser : la terre n'est pas à vendre. Raconter leur ciel, c'est aussi dire cela.
Comment ils observaient
L'observatoire lakota, c'est le territoire parcouru. Le savoir des étoiles ne se pratiquait pas depuis une tour : quand le Soleil entrait dans telle constellation du grand cerceau, les bandes se déplaçaient vers le site des Black Hills qui lui répond, pour y tenir la cérémonie au bon moment. L'observation était un voyage synchronisé avec le ciel — la terre servant de cadran, les collines de repères.
Et les Lakotas archivaient. Les comptes d'hiver (waníyetu wówapi), ces chroniques peintes sur peau où chaque année reçoit son pictogramme, ont enregistré les grands événements célestes : la nuit du 12 au 13 novembre 1833, la tempête des Léonides — des milliers de météores par heure — figure dans de nombreux comptes comme « l'année où les étoiles sont tombées ». Un orage de météores documenté par des observateurs de terrain, un siècle avant l'astronomie photographique : difficile de faire plus Vigi-Sky.
Ce qu'ils y lisaient
Un monde en miroir : ce qui est en haut est en bas, et les Black Hills sont le reflet du cerceau d'étoiles — être au bon endroit au bon moment, c'est être en accord avec le ciel. La Voie lactée est le chemin des esprits que suivent les âmes (les récits parlent d'une bifurcation où chacune est jugée), et les étoiles sont des parentes : le héros Étoile-Tombée (Wičháȟpi Hiŋȟpáya), fils d'une étoile et d'une femme, revient secourir les siens. Le ciel n'est pas au-dessus des Lakotas : il est en face, comme un vis-à-vis de la terre.