Guide pratique GEIPAN France 2026

Comment signaler un OVNI en France ?

Guide pratique étape par étape : organismes officiels (GEIPAN, Vigi-Sky), informations à collecter, comment photographier proprement, gendarmerie, anonymat, suivi de dossier — tout ce qu'il faut savoir en 2026.

TL;DR — Réponse courte

En France, les observations OVNI peuvent être signalées au GEIPAN (organisme officiel du CNES, geipan.fr) ou à des plateformes citoyennes comme Vigi-Sky. Notez la date, l'heure exacte (à la minute), le lieu (GPS si possible), la durée, le nombre de témoins, et capturez photos/vidéos avec EXIF préservé. Plus l'observation est précise et rapide à signaler, plus elle a de valeur.

· · 11 min de lecture · Guide officiel

Qu'est-ce que le GEIPAN et pourquoi le contacter ?

Le GEIPAN (Groupe d'études et d'informations sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés) est l'organisme officiel français en charge des observations OVNI/UAP. Rattaché au CNES (Centre national d'études spatiales) et basé à Toulouse, il a été créé en 1977 sous le nom de GEPAN, devenu SEPRA en 1988 puis GEIPAN en 2005.

Sa mission triple : collecter les témoignages, analyser les cas avec une équipe d'enquêteurs bénévoles (pilotes, ingénieurs, météorologues, astronomes), et publier les résultats sur sa base de données publique. Chaque observation est classée selon une nomenclature standardisée :

PAN A — identifié
Le phénomène a été identifié sans ambiguïté (avion, satellite, planète, ballon...).
PAN B — probablement identifié
Identification très probable mais avec une incertitude résiduelle.
PAN C — non identifiable
Manque d'informations pour conclure (témoignage trop vague, pas d'images).
PAN D — totalement inexpliqué
Cas robustes, multi-témoins ou avec preuves matérielles, restant sans explication conventionnelle après enquête.

Quelles informations dois-je collecter pour signaler une observation ?

La qualité d'un signalement dépend presque entièrement de la précision des données contextuelles. Notez impérativement, dès que possible (idéalement dans les minutes qui suivent l'observation) :

Checklist d'observation
  • Date complète (jour/mois/année)
  • Heure exacte à la minute (GPS du téléphone = horloge synchronisée)
  • Lieu précis : adresse + coordonnées GPS (latitude/longitude)
  • Durée totale du phénomène (de combien à combien de secondes/minutes)
  • Nombre de témoins et leurs coordonnées (avec accord)
  • Direction du regard : azimut (boussole) + élévation (degrés au-dessus de l'horizon)
  • Trajectoire : ligne droite, zigzag, en arc, immobile, accélération brusque
  • Vitesse apparente et taille apparente (comparée à la pleine lune)
  • Couleurs, intensité lumineuse, clignotements éventuels
  • Sons entendus ou silence total
  • Conditions météo : ciel dégagé, nuages, vent, humidité
  • Obstacles dans le champ de vision (immeubles, arbres)
  • Émotions ressenties (peur, étonnement, curiosité)

Comment photographier un OVNI avec un Nikon P900 ou un super-zoom ?

Le Nikon Coolpix P900 (zoom optique 83×) et son successeur le P1000 (zoom 125×) sont devenus les références citoyennes pour photographier des OVNI à grande distance. Leur capacité à atteindre 2000 mm équivalents en focale permet de capturer des détails impossibles à l'œil nu — y compris la Lune, les anneaux de Saturne, et les objets lointains dans le ciel.

Réglages recommandés en mode manuel :

Section P900 — Vigi-Sky

Vigi-Sky propose une section dédiée P900 pour mutualiser les observations citoyennes super-zoom. Tutoriels, réglages, partage de captures.

Que faire en cas de témoins multiples ?

Les observations à témoins multiples ont une valeur d'enquête considérablement plus élevée que les observations solo. Mais attention : les souvenirs humains sont notoirement contaminables par la discussion. Pour préserver la valeur du témoignage collectif, suivez ce protocole :

  1. Avant toute discussion, demandez à chaque témoin d'écrire ou d'enregistrer sa version individuellement (téléphone, papier, mémo vocal).
  2. Recueillez les coordonnées de chacun (avec accord explicite) : nom, prénom, téléphone, e-mail.
  3. Notez l'angle d'observation de chaque témoin (où il se trouvait, dans quelle direction il regardait).
  4. Ne discutez les détails qu'APRÈS que chacun ait rédigé sa version. Notez les divergences : elles sont autant utiles que les convergences.
  5. Si possible, faites signer par chaque témoin sa propre version pour authentification.

Comment conserver les preuves photo et vidéo ?

Règle absolue : ne modifiez JAMAIS le fichier original. Toute retouche (recadrage, contraste, filtre Instagram) détruit la valeur probante de l'image et alimente les soupçons de manipulation.

Sauvegarde immédiate
Trois copies brutes : 1) cloud (Google Drive, iCloud), 2) disque externe, 3) clé USB ou second appareil.
Préservation EXIF
Les métadonnées EXIF contiennent date, heure UTC, GPS, modèle d'appareil, focale, ISO. Ce sont des preuves d'authenticité critiques. Ne les supprimez jamais (certains réseaux sociaux les effacent automatiquement à l'upload — d'où l'importance de la copie brute).
Hash cryptographique
Pour les cas importants, calculez un hash SHA-256 du fichier original et notez-le. Cela permet de prouver ultérieurement que le fichier n'a pas été modifié.
Travailler sur copies
Pour partager ou améliorer la lisibilité, créez une COPIE et travaillez dessus. Mentionnez systématiquement les modifications apportées.

Puis-je signaler un OVNI anonymement ?

Le GEIPAN exige une identité réelle pour traiter un dossier (procédure administrative française), mais garantit la confidentialité : votre nom n'apparaît jamais dans les rapports publics, qui sont systématiquement anonymisés.

Sur Vigi-Sky, le modèle est plus souple : vous pouvez choisir un pseudonyme public tout en conservant un compte authentifié pour la traçabilité. La distinction est cruciale :

Comment les pilotes et militaires signalent-ils un UAP ?

Les pilotes de ligne français signalent via leur compagnie (rapport ATL — Aircraft Technical Log) et le BEA (Bureau d'enquêtes et d'analyses pour l'aviation civile). Le BEA peut transmettre le cas au GEIPAN selon la nature.

Les pilotes militaires français passent par leur commandement et l'Armée de l'air et de l'espace, qui dispose d'une procédure interne classifiée. L'AAE peut décider, ou non, de transmettre au GEIPAN.

Aux États-Unis, depuis juillet 2022, l'AARO (All-domain Anomaly Resolution Office) du Pentagon centralise tous les signalements militaires. Un portail dédié garantit la non-stigmatisation des pilotes signalants — un changement culturel majeur après des décennies de moqueries professionnelles.

Faut-il appeler la gendarmerie pour signaler un OVNI ?

Oui, c'est même recommandé en cas d'observation impressionnante ou avec témoins multiples. Le GEIPAN dispose d'une convention officielle avec la Gendarmerie nationale depuis 1974 : les gendarmes recueillent les témoignages selon une procédure standardisée (Fiche d'observation OVNI) et transmettent automatiquement au GEIPAN.

Important

Ne composez PAS le 17 sauf en cas de danger immédiat. Pour un signalement OVNI, contactez la brigade locale aux heures de bureau (8h-18h en semaine).

Comment suivre l'évolution de mon dossier GEIPAN ?

Après dépôt sur le formulaire en ligne du GEIPAN, voici la chronologie typique :

  1. Sous 7-15 jours : accusé de réception et attribution d'un numéro de cas (ex. 2026-0123).
  2. 1-3 mois : enquête par les bénévoles GEIPAN (météo, trafic aérien, satellites, planètes visibles).
  3. 3-6 mois : cas complexes — analyses complémentaires, contacts avec le BEA, l'aviation civile, etc.
  4. Communication des conclusions : classification PAN A/B/C/D, courrier explicatif au témoin.
  5. Publication sur la base publique geipan.fr (avec anonymisation totale).

Pourquoi déposer aussi sur Vigi-Sky en plus du GEIPAN ?

Les deux plateformes sont complémentaires, non concurrentes. Notre recommandation : déposer systématiquement aux deux endroits.

GEIPAN apporte
Caractère officiel (CNES), archivage long terme, reconnaissance institutionnelle, transmission à l'AAE/BEA si pertinent.
Vigi-Sky apporte
Corrélation citoyenne en temps réel : recoupement automatique avec d'autres observations dans un rayon géographique et temporel défini, intégration des données satellitaires (passages Starlink, ISS), météorologiques, et astronomiques (positions des planètes, pluies de météores actives). Vous pouvez voir si quelqu'un d'autre a observé le même phénomène à 50 km de chez vous.

Quelle est la différence entre signalement civil et militaire ?

Le signalement civil (citoyen, GEIPAN, Vigi-Sky, MUFON) est ouvert à tous, traité par des organismes publics ou associatifs, avec des témoignages publiés (anonymisés). Les données sont essentiellement visuelles : photos, vidéos, descriptions.

Le signalement militaire suit une chaîne hiérarchique classifiée : pilote → commandement → autorité. Les données militaires sont qualitativement supérieures (radar primaire et secondaire, FLIR infrarouge, télémétrie, ESM électromagnétique) mais leur accès est restreint pour des raisons de sécurité nationale et de protection des sources.

Depuis 2020, la tendance internationale (USA, France, Royaume-Uni, Brésil, Mexique, Chili) est à la déclassification progressive. Les vidéos de l'US Navy (FLIR1, GIMBAL, GOFAST) déclassifiées en avril 2020 ont marqué un tournant.

Sources et références

  1. GEIPAN — CNES. Procédures officielles, formulaire de signalement, base de cas. geipan.fr
  2. Convention GEIPAN — Gendarmerie nationale (1974, renouvelée). Fiche d'observation OVNI standardisée.
  3. BEA — Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile. bea.aero
  4. AARO — All-domain Anomaly Resolution Office, Pentagon. Portail de signalement militaire US. aaro.mil
  5. NUFORC — National UFO Reporting Center (USA). nuforc.org
  6. MUFON — Mutual UFO Network. mufon.com
  7. NASA UAP Independent Study Team Report (septembre 2023). Rôle de la science citoyenne.

Prêt à signaler votre observation ?

Déposez votre cas sur Vigi-Sky en quelques minutes. Corrélation automatique avec satellites, météo et autres témoignages.

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